mardi 26 septembre 2017 - 02 : 01

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Philipp Plein L’irrésistible ascension de Munich à St Tropez

Philipp Plein L’irrésistible ascension de Munich à St Tropez

Il y a peu, son nom était inconnu. Aujourd’hui, le créateur allemand Philipp Plein a imposé sa mode, folle, extravagante, insouciante des avis autorisés

Philipp Plein L’irrésistible ascension de Munich à St Tropez

Il y a peu, son nom était inconnu. Aujourd’hui, le créateur allemand Philipp Plein a imposé sa mode, folle, extravagante, insouciante des avis autorisés

Adulé ou detesté, Philipp Plein ne laisse personne indifférent. Le 24 mai dernier à Cannes, celui qui habille la crème du rap ou Kim Kardashian présentait depuis sa propriété sa première collection Resort. Un défilé haut en couleurs, à l’image de son créateur, que nous avons rencontré pour l’occasion.

Hyper prolifique, hyperactif, hyper brillant : le culte de l’hyper, c’est lui. En dix ans, l’Allemand Philipp Plein a bâti un empire à grands renforts de joggings de soirée, de tee-shirts tête de mort et de sneakers à clous. Le gratin du rap s’arrache ses fringues, Kim Kardashian porte ses leggings panthère ou ses combinaisons métalliques. Le 24 mai dernier, à Cannes, sa résidence privée devenait « the place to be » le temps d’un fashion show relayé partout sur le net qui faisait défiler Winnie Harlow, Paris Hilton ou Sofia Richie.

Dans l’assemblée de ce show baptisé Welcome to The Jungle, Eva Longoria ou la papesse de la mode Carine Roitfeld. Une collection capsule conçue avec le street artist Alex Monopoly y était présentée. Parmi les mannequins du catwalk, le bad boy/ex-taulard Jeremy Meeks qui affole la Toile depuis 2014, égérie de la prochaine campagne pub de Plein. Bigger than life, provoc’, parfois : Philipp assume. Simple et charmant, également, le redoutable businessman qu’il est nous recevait le lendemain depuis sa terrasse, pieds nus et tee-shirt blanc, pour une interview tout en punchlines. Raser les murs : pour quoi faire ?

Trois hashtags pour ce défilé ?
Quatre, plutôt : joie de vivre, couleur, art meets fashion, Philipp Plein.

 

Pourquoi cette collection capsule avec Alec Monopoly ?
Je suis tombé sur un de ses graffitis sur Melrose Avenue, à L.A. Je ne le connaissais pas, j’ai flashé sur son travail. De fil en aiguille, nous sommes devenus proches – au point qu’il vienne habiter ici, chez moi, à Cannes. Alex fait du street art, je fais du streetwear haut de gamme : la connexion était évidente.

Qu’est-ce qui fait l’ADN de votre marque ?
Je ne fais pas dans le classique ni dans le conservateur. C’est du vêtement de luxe, focément cher, mais dans un esprit « street couture ».

Paris Hilton ou Jeremy Meeks ont défilé pour vous le 22 mai. Pourquoi eux ?
Jeremy est un ami. Il a défilé pour la première fois de sa vie pour moi en septembre dernier, à New York. Si le défilé a fait un carton sur les réseaux sociaux, c’est en grande partie grâce à lui. Paris, elle, c’est la fille Plein à 100% : une princesse, oui, mais une vraie. Elle est comme moi, elle est authentique, elle ne joue pas un rôle.

Êtes-vous une exception dans la mode ?
Complètement. Je suis un phénomène. Philipp Plein, la marque, va au-delà de la tendance : c’est un style de vie à part entière. Les gens trouvent parfois que j’en fais trop. Et alors ? Dans une foule, c’est celui qui hurle qu’on remarque. En mode, c’est pareil.

Pourquoi défiler à Cannes ?
Parce que j’y habite et que tout le monde y est à cette période de l’année ! Un tapis rouge, deux/trois spots et le tour est joué. C’est fun et ça ne coûte pas cher (sourire). Je suis le Nemo de la mode : un petit poisson coloré, malin et rapide.

Philipp Plein, politiquement incorrect ?
Non. Je n’ai jamais tué ni volé. Je rends les gens heureux. Quand ils dépensent leur argent dans mes boutiques ils ont le sentiment de se faire du bien, c’est ce qui compte !

Qu’est-ce qui fait votre succès ?
Une broderie, un imprimé font parfois toute la différence sur un vêtement. Chez moi c’est une sacrée valeur ajoutée. Gucci met des tigres, des pierres, des têtes de mort sur ses pièces, la marque est de nouveau fun ! Les gens me traitent de « King du Bling », mais j’assume ! C’est ce qui marche.

Une trend, un type de vêtement que vous détestez ?
Je ne déteste rien – j’aime tout !

Votre tenue préférée ?
Les joggings, parce qu’on s’y sent toujours bien et qu’on n’est jamais tiré à quatre épingles.

Votre définition de la féminité ?
Des cheveux longs… [Il réfléchit] En fait, j’aime tout chez les femmes, c’est mon plus gros problème ! Mais ce que j’adore par-dessus tout, c’est le fait qu’elles aient besoin d’un homme. Leur vulnérabilité, je trouve ça sexy.

Vos mannequins défilaient sur la musique de Guns N’Roses hier soir. Rap ou rock ?
Guns N’Roses, c’est une idée de Carine Roitfeld. J’adore le rock, mais je suis né dans le rap. C’est ce que je préfère.

Qu’est-ce qui vous motive plus que tout dans la vie ?
Tout ce qui est créatif. Y compris quand c’est moche. La beauté, la laideur, c’est très subjectif.

Si vous n’étiez pas Philipp Plein, qui seriez-vous ?
Je ne me suis jamais posé la question. Je me suis fait tatouer mon nom sur le bras, les gens pensent que j’ai un ego surdimensionné. Sauf qu’il faut avoir un culot monstre pour faire ce que je fais. C’est comme ça que j’ai gagné mon premier million.

Propos recueillis par Claire Stevens.

Philipp Plein St. Tropez

Place de la Garonne, 21 – 83990 Saint-Tropez, France

sainttropez@philipp-plein.com

Open every day:
10h00 – 13h30
16h00 – 21h30

 

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